Dys sur Dys













DYSPRAXIE
Il existe d’autres troubles dont le mot commence par « DYS »
Et ces trois lettres veulent dire que dans le domaine qui suit…
Il y a un petit souci.

Au royaume des aveugles, le borgne est roi...

On pourrait croire que cet adage a été écrit pour mon frère Louis, résident permanent d’une frontière invisible, et pourtant bien présente, celle qui détermine la norme. Cet état d’entre-deux, ce costume forcé, il est né avec, il le porte sur son visage qui vieillit, sur son corps qui a cessé de grandir, dans son regard clair où brillent rudesse et gentillesse. Sa maladie, on la croise dans la rue sans forcément la remarquer, car souvent elle parvient à revêtir le costume de la normalité. Louis est dyspraxique.

Cette maladie, fréquente, fait partie de ce groupe de troubles appelés DYS ; dyslexie, dyscalculie, dysphasie et dyspraxie. Cette dernière est un trouble du développement de la coordination. La programmation des gestes est défectueuse, elle ne parvient pas à s’automatiser. C’est comme si chaque geste fin entrepris par un.e dyspraxique se révélait être « première fois ». Chaque personne atteinte de dyspraxie l’est à un niveau différent, ce qui rend chaque cas unique. Tout comme les autistes, les dys se doivent de rentrer dans des cases données par une société qui ne leur correspond pas ; il y a autant de dyspraxies que de dyspraxiques, ô héro.ïne.s de l’adaptation.

Lorsque Louis était enfant, il avait un problème avec ses petites mains qui l’empêchaient d’écrire, de faire ses lacets, de couper les aliments dans son assiette… En grandissant, on lui a reconnu cette différence, comme un couperet mais aussi un soulagement.

« Ainsi, tu es dyspraxique, tu es comme ça, ta différence a maintenant un nom, une identité. On sait maintenant que ton handicap ne te permet pas de réaliser une double tâche sans te fatiguer très rapidement. D’accord. Tu modifies ce que nous sommes, tu as été un élément décisif dans nos vies familiales, tu as grandement contribué à l’homme que je suis aujourd’hui, il me semble important de parler de toi pour mon premier spectacle, tu es d’accord ? »


C’est sur le sol mouvant de la préférence affective que repose l’édifice entier de nos constructions théoriques dans toutes les provinces du savoir.

La mystique sauvage, Michel HULIN.


Les dys sont très présents dans nos vies. A l’école, dans une classe de 20 élèves, il est très fréquent de croiser deux à trois enfants dys. Et depuis quelques années, il y en a de plus en plus, enfin, ils et elles ont toujours été là, mais un tabou s’est levé sur cette maladie. Aujourd’hui, les accommodations et aides fournies en milieu scolaire sont accessibles et de plus en plus reconnues, d’avantage que lorsque mon frère était enfant. L’intégration de cette différence dans le cadre scolaire est essentielle pour que ces variations de la normalité fassent partie du développement des jeunes en apprentissage de ce qu’est la vie, la société, le corps collectif.

C’est pourquoi il m’apparaît essentiel de présenter un spectacle au jeune public, à l’âge où les contrastes s’apparentent davantage à l’Himalaya qu’aux Fagnes, un spectacle qui aborde le rapport à la normalité, au travers d’une fresque de vie d’un jeune adulte. Lever un voile documentaire et fictionnel sur ce que peuvent être les joies surprenantes et tristesses acrobatiques, les revers de médailles des différences et podiums des accomplissements au cours de la jeunesse d’un dyspraxique ; Dys sur Dys, un spectacle pour les jeunes adolescents, de 10 à 15 ans.

Mise en scène
François Gillerot

Co-écriture
François Gillerot
Arthur Oudar

Interprétation
Lucile Charnier
Gaspard de Dadelsen
Clément Goethals

Création lumière
Amélie Géhin

Scénographie
(En cours)

Création Costumes
Marine Vanhaesendonck

Composition musicale
Luc Bersier
Gaspard Dadelsen
Noé Gillerot

Régie générale
Benoit Guilbert

Création
Hiver 2021


Production
LA FACT

Soutenu par
La Montagne Magique / La Maison de la Culture de Tournai / L'Escaut-résidence d'artiste / Maison Culturelle d'Ath / Ekla / Centre Culturel Jacques Franck