L'empreinte du vertige

J'écris (...) parce que j'ai la force aujourd'hui de m'arrêter sur ce qui me traverse et parfois m'envahit, parce que je veux savoir ce que je transmets, parce que je veux cesser d'avoir peur qu'il nous arrive quelque chose comme si nous vivions sous l'emprise d'une malédiction, pouvoir profiter de ma chance, de mon énergie, de ma joie, sans penser que quelque chose de terrible va nous anéantir et que la douleur, toujours, nous attendra dans l'ombre.

Delphine de Vigan, Rien ne s'oppose à la nuit

Tout commence par un cri, un choc, un détour avant de rentrer chez soi. La veille de l’anniversaire de sa fille, Elisa percute une panthère. De ce choc, nait une logorrhée, amenant Elisa à ne pas rentrer chez elle. Au volant de sa voiture, celle-ci se perd dans les méandres de son histoire et des routes, sentiers et chemins qu’elle croise. Accompagnée par les écrits de Sylvia Plath (poète américaine), un musicien et un médecin aux mille facettes, elle retrace l’histoire de son adolescence marquée par le développement d’une étrange pathologie nommée « vaginisme ». Pathologie ayant pour conséquence de la rendre inapte au monde, aux relations humaines, lui donnant l’étrange sentiment d’être amputée d’une partie d’elle-même. A travers un road trip fantasmagorique, celle-ci nous emmène dans son parcours de jeune femme vers la résilience. Elisa cherche le chemin vers sa propre vérité et celle d’une société démunie face aux tabous de la sexualité féminine et du chemin vers l’indépendance.

Il me semble que faire acte de théâtre est avant tout le résultat du silence. Parce qu’il n’est plus possible de se taire, nous provoquons la rencontre. Des tabous dans nos société, il y en beaucoup et nous en goûtons l’amertume souvent.

Comment devenons-nous actif de notre propre histoire ?

De quoi héritons-nous? Que transmettons-nous?

Aujourd’hui, si ce texte existe c’est parce qu’au cours de ma vie, j’ai trop souvent constaté l’impossibilité de dire au monde le traumatisme sexuel qu’il soit agressif ou latent. Parce que parler de sexualité est compliqué, hélas d’autant plus lorsqu’il s’agit de sa découverte. Parce qu’il existe une multitude de tabous à ce sujet : la précocité, la frigidité, le vaginisme, l’impuissance et j’en passe. Parce que dans l’adversité de ces problématiques, la dépression ne rôde souvent pas loin. Parce que la résilience est possible. Parce que les chiens peuvent faire des chats. Parce que la fatalité n’existe pas sauf dans notre mortalité. Parce que trouver son chemin est possible et qu’il ne se trouve que dans l’altérité et l’écoute de son instinct de vie.

C’est l’histoire d’une résilience possible, d’un sursaut de vie, du besoin de comprendre.

« Les souvenirs tu les repousses autant que tu les cherches. Tu passes des années à creuser ton cerveau à la recherche d’images et puis quand finalement une te monte à la tête, tu la rejettes violemment, tellement violemment que tu sais que ce n’est pas prêt de te revenir mais pourtant c’est niché là au dedans de ton corps. Tu te dis que t’es folle, tu te maudis de vouloir comprendre. T’aimerais rembobiner la cassette de ta vie mais tu fermes le yeux comme une enfant à la scène finale » Extrait L’empreinte du vertige.

Porteuse de projet et écriture Angèle Baux Godard

Mise en scène Clément Goethals

Avec Angèle Baux Godard et Jérémy David

Création sonore Jérémy David

Création costumes Marine Vanhaesendonck

Création lumières Amélie Géhin

Etapes de création
Résidence en Seine-et-Marne / Avril 2016
Résidence à la Comédie de l'Est de Colmar / Octobre 2016
Résidence au Théâtre des Doms à Avignon / Mai 2017



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