L'empreinte du vertige

J'écris (...) parce que j'ai la force aujourd'hui de m'arrêter sur ce qui me traverse et parfois m'envahit, parce que je veux savoir ce que je transmets, parce que je veux cesser d'avoir peur qu'il nous arrive quelque chose comme si nous vivions sous l'emprise d'une malédiction, pouvoir profiter de ma chance, de mon énergie, de ma joie, sans penser que quelque chose de terrible va nous anéantir et que la douleur, toujours, nous attendra dans l'ombre.

Delphine de Vigan, Rien ne s'oppose à la nuit

Entre récit fantastique et road trip, le texte d’Angèle Baux Godard trace à vif dans l’intime. En donnant la parole à Elisa, l’auteure et comédienne s’empare délicatement d’un récit du corps. À coups de flash-backs, elle nous fait vivre une histoire, de la blessure à la résilience. Une jeune femme percute de plein fouet sur la route une panthère. L’animal blessé gît sous ses roues.
Le choc plonge Elisa dans ses souvenirs, ceux d’autres déflagrations où le corps s’est muré. Il ne lui est plus possible de rentrer chez elle où on l’attend pour fêter l’anniversaire de sa fille. Il faut qu’elle prenne la route. Non pas pour s’échapper mais pour raconter ce qui longtemps a occupé sa chair et l’a coupé, en partie, du monde. Enfance et adolescence, médecins et compagnons : ces souvenirs et ces voix cheminent à travers les tabous de la sexualité féminine et d’une pathologie souvent tue par ignorance - le vaginisme. Parce que les mots n’arrivent ni à être dits ni à être écoutés, l’empreinte du vertige s’attache à dynamiter méthodiquement les clichés dans lesquels la sexualité est toujours emprisonnée.

Entre musique, texte et mouvement, l’empreinte du vertige est l’histoire d’un sursaut de vie.


Note de l'auteur

J’ai écrit L’empreinte du vertige parce qu’un jour ma propre histoire a rencontré celle d’un million de femmes.Victime d’une pathologie méconnue du grand public et d’un acte pédophile, j’ai passé mon adolescence dans le silence et le combat pour trouver la paix et la joie. Au cours de ces années, ma langue s’est déliée et mes oreilles se sont ouvertes. Découvrir l’immense banalité de mon histoire, le nombre considérable de sœurs de chagrin me mit la plus grande claque de ma vie.
Le vaginisme dont j’étais atteinte n’était pas un mal extraordinaire dont j’avais hérité par je ne sais quel hasard morbide. Non, le vaginisme était partout, plus ou moins violent, plus ou moins caché, plus ou moins connu. Je prenais conscience de l’immense tabou que constitue la découverte sexuelle et le développement d’une intimité.

Comment est-ce possible de vivre dans une société de l’ultra communication et que certaines femmes ne connaissent même pas le nom du mal dont elles sont atteintes?
Comment est-ce possible qu’en 2018, tant de femmes soient encore muselées, muselant par ricochet les hommes ou les femmes qui les accompagnent, les aiment, les admirent, les soutiennent, les fuient?

Dès lors, de quoi héritons-nous? Que désirons-nous transmettre?

Ainsi est née Elisa, héroïne de l’empreinte du vertige, avatar de ma vie, messagère de ma révolte, dénonciatrice du scandale. Il fallait donner corps à cette voix et la faire résonner dans les oreilles de ceux qui ne savent pas, ceux qui ont peur, ceux qui se taisent et de tout un chacun.
Parler du vaginisme n’est qu’un prétexte.
Parler de sexe n’est qu’un prétexte.
Parler de sexualité est compliqué, d’autant plus lorsqu’il s’agit de sa découverte. Parce qu’il existe une multitude de tabous à ce sujet nous rendant honteux sous la pression de la performance, de la perfection, de la soi-disante liberté sexuelle.
Parce que dans l’adversité de ces tabous, la dépression ne rôde souvent pas loin.
Parce que la résilience est possible.
Parce que les chiens peuvent faire des chats.
Parce que la fatalité n’existe pas sauf dans notre mortalité.


Angèle Baux Godard






PRIX MAETERLINCK DE LA CRITIQUE
MEILLEURE AUTEURE 2019

Porteuse de projet et écriture
Angèle Baux Godard

Mise en scène
Clément Goethals
Note de mise en scène

Avec
Angèle Baux Godard
Jérémy David

Création sonore
Jérémy David

Création costume
Marine Vanhaesendonck

Création lumière
Amélie Géhin

Scénographie
Clément Goethals

Assistante scénographie
Hélène Beutin

Chargé de production
François Gillerot

Stagiaire scénographie
Nathalie Moisan

Photo
Serge Gutwirth

Chargée de diffusion
Claire Alex
+ 32 499 62 76 00
Dossier de presse
Dossier de diffusion


Etapes de création
Résidence en Seine-et-Marne / 04.2016
Résidence à la Comédie de l'Est de Colmar / 10.2016
Résidence au Théâtre des Doms à Avignon / 05.2017
Présentation au Théâtre du Peuple / 06, 13 et 20.08.2017
Présentation au Théâtre 140 - LookIN'OUT / 30.11.2017

Dates
14.09.2018 / Avant-première / Bruxelles (Be) / Théâtre des Martyrs
08 > 31.03.2019 / Bruxelles (Be) / Théâtre des Martyrs
04 et 05.04.2019 / CDN de Colmar (Fr) / Comédie de l'Est



Production
La FACT
Le Théâtre des Martyrs
Le Rideau de Bruxelles
La Coop asbl

Aide et soutien
Bourse de recherche de l’aide à la création à la Communauté française Shelterprod / Taxshelter.be / ING / Tax- Shelter du gouvernement fédéral belge / Comédie de l’Est CDN de Colmar / Théâtre des Doms d’Avignon / Théâtre du Peuple de Bussang