Par les villages


La nature c’est la seule chose que je puisse vous promettre la seule promesse sûre. En elle, rien n’est “fait de” comme dans le monde des jouets, où on est toujours obligé de demander : “Et maintenant ?” Elle ne peut être ni refuge ni issue. Mais elle est le modèle et c’est elle qui donne la mesure : seulement, il faut la prendre tous les jours. Le papillon jaune est le cœur du bleu du ciel. La pointe de l’arbre est l’arme libératrice. Soyez convaincus suivez des yeux la trajectoire sans projectile regardez. Les nuages qui passent, même chassés par le vent, ils vous ralentissent. Quand, par la force du fleuve qui vibre au loin, mon cœur tressaille en moi, alors seulement j’existe.

Peter Handke - Par les villages

Plus que tout, Par les villages est d’abord porteur d’un instinct de vie extraordinaire. C’est une vague sensible et poétique porteuse de sens dans une époque où nous en cherchons cruellement tous. Je veux travailler à partir de ce chant émancipateur qui nous donne une chance de créer une ouverture vers les secrets les plus enracinés de l’être et qui par sa puissance redresse ce qu’il y a de plus intime en nous.
C’est un texte où le regard se promène lentement dans la contemplation de ce qui est vraiment. Un regard dressé vers l’introspection qui exulte à prendre en considération la réalité extérieure et la nécessité active de l’autre. Avec ce spectacle, j’aimerai libérer le spectateur d’un système d’obligations et d’idées préconçues, lui faire redécouvrir à travers ces mots des vérités oubliées ou perdues.

Je cherche un passage, une exploration des liens entre les personnages et les personnes à travers cette fable qui intègre le passé et le présent dans une perspective ouverte à l’infini sur l’avenir. Je veux passer par les villages pour parler de la violence de ce monde confus où nous échappe ce qui peut nous rendre heureux, ainsi que nos moyens de lutter. C’est à la fois une confrontation et une réconciliation entre deux mondes qui permet peut-être d’ouvrir une porte, de retrouver une pensée singulière pour ne pas se perdre trop vite.

On nous signale à l’entrée de chaque village ce qu’il faut y voir: L’un des plus beaux villages de France, village fleuri, village bien-être, point de vue splendide, balade à couper le souffle mais ne peut-on pas nous-mêmes être libres de voir ce dont nous avons envie? Sommes-nous perdus au point que tout nous soit indiqué, voire pré-mâché? Un village, une ville, un arbre, un être ne peuvent-ils pas être là pour eux-mêmes? Nous sommes dans un monde qui étiquette chaque chose et nous prive de ce qu’il y a de plus mystérieux, de plus poétique. Nous sommes dans une société où tout en uniformisant les goûts, on isole l’individu où les marchandises peuvent voyager librement mais pas les hommes.

Je veux travailler sur notre rapport à l’autre dans ce que cela a de plus fragile et contradictoire, qu’il soit un simple inconnu, un ami, un amant ou un membre de notre propre famille. Je crois qu’il faut redonner son poids à une pensée singulière.
Je veux travailler sur le retour aux origines et sur notre rapport actuel à la nature, à son rythme. Travailler à la nécessité active de l’art.

Ce texte est une guerre après les guerres, il possède une puissante symbolique, qui nous dit l’urgence de vivre, de désirer, de comprendre, de tolérer, de dire et d’aimer, avant qu’il ne soit trop tard.

Nous voulons, nous, équipe, famille recomposée, faire ce chemin, avec ces mots qui sont comme un écho ininterrompu dans nos sociétés modernes.
Nous y retrouvons le sentiment familial malmené, les individualismes en opposition, et pourtant toujours ce centre commun des hommes qui est l’amour et cette nécessité secrète à la contemplation. Je veux prendre à contre-pied la distanciation que l’on peut attendre qui met souvent dos à dos, ouvriers et intellectuels dans un monde fracturé, que finalement, seule la poésie peut réunir.

Nous avons voulu ensemble que chaque personnage soit traité comme si la pièce ne tournait qu’autour de son histoire propre afin de rendre compte au mieux du conflit. Du moi premier, fracas de multiples échos, nous cheminerons vers l’altérité, vers cet autre que nous désirons comprendre, toucher, atteindre, voire posséder ou contrôler. Nous tenterons finalement de se faire heurter ces individua- lités qui émanent des mots de Peter Handke jusqu’à ce que Nova nous rattrape au bord du précipice et nous raccroche à la vie.






Mise en scène Jean-Baptiste Delcourt

Interprétation Taïla Onraedt / Aurélien Labruyère / Jeanne Dailler / Angèle Baux Godard / Anne-Marie Loop / Pablo Stella

Assistante à la mise en scène Nina Lombardo

Création lumières Samuel Ponceblanc

Création sonore et plastique Matthieu Delcourt

Création Costumes Marine Vanhaesendonck

Production François Gillerot

Diffusion Audrey Brooking

Consultante Diffusion Catherine Hance

Etapes de création
Résidence Probedones d'Abaigt / Août 2013
Banc d'essai au Festival Courant d'air / Avril 2015
Résidence Théâtre Océan Nord / Décembre 2016

Dates
Du 18 au 29 Avril 2017 / Bruxelles / Théâtre Océand Nord
19 et 20 Mai 2017 / Cergy-Pontoise / Théâtre 95


Dossier de diffusion
Par les villages

Production
Cie F.A.C.T.

Coproductions
Théâtre 95 / Théâtre Océan Nord

Soutenu par
Hamadryade / Probedones d'Abaigt