Ode / Nora (Titre provisoire)

Angèle Baux Godard & Clément Goethals

Ode / Nora (Titre provisoire)

"Maman
Je t’écris de mon trou à rat.
De mon trou à moi.
Une lettre envoyée de trou à trou comme si on était des putains d’lapins."

En création
En création

Synopsis
La mère de Lucas et Emma est au « Trou » depuis leur 10 ans.
La perte de leur mère fut dans leur enfance, un endroit de ralliement pour elleux. Iels se sont construit·es seul·es. Iels ont passé leur vie à jouer pour s’évader et encore aujourd’hui, iels jouent pour décider de leur vie, de la marche à suivre. Le jeu est leur moyen de communication pour parler de ce qui fâche, pour penser à autre chose, pour éviter de se dire la vérité, pour échapper à une vie marquée par l’absence. Emma entretient une relation épistolaire depuis l’enfance avec cette mère “absente”. Un jour, elle décide de retourner la voir. Lucas son frère, qui lui n’a pas échangé avec leur mère depuis 20 ans, perd à un de leur jeu et se voit contraint, par leur loi indéfectible de celui-ci, de l’accompagner.
Quand Emma et Lucas arrivent aux portes du “Trou”, leur mère n’est pas là, elle est sortie. Où est-elle? Pourquoi ne leur a-t-elle rien dit, à elleux, ses enfants ?
La fiction se déploie sur le frottement entre l’imaginaire et le réel, entre mondes intérieurs et extérieurs. Elle nous propose une fable contemporaine secouant nos notions de bien et de mal.

La prison et les femmes, enquête de terrain

À l’origine du projet, il y a la rencontre avec Nora H, doyenne du centre de détention de Joux la ville. Elle y est depuis 13 ans et ne sortira pas avant 10 ans. Affectueuse, envahissante, poète, artiste invisible, cette femme vient chambouler notre rapport au bien, au mal, à l’empathie. 25 ans de détention, ce n’est pas rien… Nora n’est pas innocente et on s’attache à elle. L’amour et le monstrueux peuvent-il cohabiter? Ces femmes incarcérées ont-elles une place dans notre société ?   Et lorsqu’une d’elle est mère, que peut faire un enfant de son attachement face à ce qui est stigmatisé comme le mal absolu ?   Aujourd’hui, la réalité des femmes incarcérées est révélatrice du monde dans lequel nous évoluons. Une femme, une mère ne peut fauter, une femme incarcérée c’est une honte, tu ne peux être mère et violente. Tous ces mécanismes viennent enfoncer le clou d’une société engluée dans le patriarcat.   Encore aujourd’hui, dans certaines familles, un homme incarcéré, c’est une fierté un rite de passage. La plupart des enfants dont le père est incarcéré restent vivre avec leur mère, le contact entre les deux conjoints est maintenu par la mère, qui travaille pour payer l’incarcération du conjoint, se rend au parloir, se retrouve seule avec la charge des enfants financière et mentale. 

La situation des femmes en prison est tout autre. La population carcérale appartenant au genre féminin représente 4% de la population carcérale totale. La plupart des femmes incarcérées sont à la fois victimes et coupables. Leurs enfants, quand il y en a, sont pour la plupart placés chez les grands-parents ou en foyer car le conjoint ne reste pas et n’entretient pas le lien avec sa conjointe.   Le délit, la violence, sont des droits réservés aux hommes et sont même vecteur de séduction contrairement aux femmes qui deviennent les parias d’une société.  

Et leurs enfants dans tout ça ? Comment est-il possible de se construire quand on pointe le parent comme un monstre ? Quand est-ce que la société ouvrira les yeux sur le fait que l’incarcération d’un parent fait des enfants les victimes collatérales de ces situations et de ces stigmatisations. A travers le traumatisme de la séparation, l’image des personnes incarcérées véhiculée à travers les médias, l’isolement, l’absence de structures d’accompagnement, suffisamment soutenues financièrement et politiquement, nous laissons grandir des enfants dans un gouffre affectif et structurel révoltant.   A travers une fable moderne, nous questionnons la place des enfants de personnes incarcérées, la transmission, la notion de bien et du mal et le milieu carcéral sur lequel nous projetons à défaut d’avoir conscience de la réalité de celui-ci.

Ecriture / Conception / Jeu

Angèle Baux Godard & Clément Goethals
(+ 1 acteur·ice en cours de distribution)

Conception masque

Cécile Gacon

Assistanat à la mise en scène

En cours

Assistanat scénographie et costumes

En cours

Création sonore

En cours

Création Lumière

En cours

Co-production

La FACT

Diffusion

La Charge du Rhinocéros

Accueil en résidence

Le château de Monthelon
Le théâtre royal de l'ANCRE
B.A.M.P.

Partenaires des "Plus qu'une pièce"

Le Relais Enfants-Parents asbl

Photographie

© Cécile Gacon